Le 19 janvier, le groupe d’investissement tchèque KKCG Maritime a lancé une offre publique d’achat volontaire visant à porter sa participation dans Ferretti à 29,9 %. Ce seuil a été délibérément fixé juste en dessous de la barre des 30 %, qui déclencherait une offre publique obligatoire en vertu des réglementations italiennes et européennes sur les marchés de capitaux.
KKCG a indiqué ne pas avoir l’intention de procéder à un retrait de la cote de Ferretti. Le groupe a toutefois annoncé explicitement son intention de proposer de nouveaux candidats au conseil d’administration lors de la prochaine assemblée générale annuelle.
Cette initiative a attiré l’attention des marchés. Selon les informations communiquées ultérieurement par Ferretti, son actionnaire majoritaire, Ferretti International Holding, a rapidement renforcé sa position en l’espace de trois jours, portant sa participation à 38,76 %.
Ferretti est actuellement coté à Milan et à Hong Kong, et sa structure de contrôle est restée relativement stable au fil des années. Le groupe chinois Weichai Holding est un actionnaire de référence depuis sa participation à la restructuration de l’entreprise en 2012. À l’époque, Ferretti traversait de graves difficultés financières, plombé par un endettement élevé. À l’issue de cette restructuration, la société a considérablement assaini sa structure financière et renoué progressivement avec la croissance.
Ces dernières années, les performances opérationnelles de Ferretti n’ont cessé de s’améliorer. L’entreprise a enregistré un chiffre d’affaires d’environ 1,24 milliard d’euros et un bénéfice net d’environ 88 millions d’euros en 2024.
Les observateurs du marché soulignent que la stratégie de KKCG, consistant à s’approcher du seuil sans le franchir, lui permet de chercher à peser sur la composition du conseil d’administration sans avoir à assumer les obligations liées à une acquisition complète. Si cette approche ne pose aucun problème de conformité réglementaire, ses objectifs stratégiques à long terme et son impact potentiel sur la stabilité de la gouvernance de l’entreprise restent à observer.